Guide de la prière · pour débuter ou reprendre
Comment faire la prière, pas à pas
Tout ce qui se dit et se fait dans une prière de deux rak‘a, du takbir d’ouverture au salam. Chaque étape donne le texte arabe, une translittération, le sens en français et la source. Ce guide suit l’école malikite, celle de la plupart des musulmans du Maghreb et d’Afrique de l’Ouest ; les différences avec les autres écoles sont indiquées en une ligne.
Faites vos ablutions, tournez-vous vers la qibla et formulez l’intention dans le cœur. Dites Allâhu akbar, récitez al-Fâtiha et une sourate, inclinez-vous, redressez-vous, prosternez-vous deux fois, puis relevez-vous pour la rak‘a suivante. Après la dernière rak‘a, asseyez-vous pour le tashahhud et la prière sur le Prophète, invoquez Allah, puis terminez par As-salâmu ‘alaykum. Voici chaque étape de la prière de Subh (deux rak‘a), qunut compris.
Avant la prière
- L’heure est entrée. Chaque prière a son temps (sourate an-Nisâ’ 4:103). Consultez les horaires de prière de votre ville.
- Vous êtes en état d’ablutions. « Allah n’accepte pas la prière de l’un d’entre vous s’il est en état d’impureté, jusqu’à ce qu’il fasse ses ablutions » (Sahih al-Bukhari 135, Sahih Muslim 225). Guide des ablutions (en anglais) : Wudu.
- Le corps, les vêtements et le lieu sont purs, et la ‘awra est couverte.
- Vous faites face à la qibla, la direction de la Ka‘ba à La Mecque (sourate al-Baqara 2:144). Trouver la qibla.
La prière de deux rak‘a, étape par étape
Une rak‘a, c’est un cycle : station debout, inclinaison, redressement et deux prosternations. La prière de Subh compte deux rak‘a : les étapes ci-dessous forment donc une prière de Subh complète. Les prières plus longues répètent le même cycle.
L’intention dans le cœur
Ayez à l’esprit la prière que vous allez accomplir, par exemple les deux rak‘a obligatoires de Subh (la prière de l’aube). L’intention (niyya) est un acte du cœur, présent au moment du takbir d’ouverture. Le Prophète ﷺ a dit : « Les actes ne valent que par les intentions » (Sahih al-Bukhari 1, Sahih Muslim 1907). Dans l’école malikite, il est préférable de ne pas la prononcer à voix haute ; l’école chaféite recommande de la murmurer avant le takbir.
Le takbir d’ouverture
Debout, face à la qibla, levez les mains à hauteur des épaules, paumes vers l’avant, et dites :
اللَّهُ أَكْبَرُ
Allâhu akbar
Allah est le plus grand.
Le takbir ouvre la prière · Sunan Abî Dâwûd 61, Jâmi‘ at-Tirmidhî 3. Mains levées à hauteur des épaules : Sahih al-Bukhari 735
À partir de ce moment, le regard se pose sur l’endroit de la prosternation et le corps reste calme. Dans l’école malikite, on ne lève les mains qu’à ce takbir.
Bras le long du corps, puis al-Fâtiha
Laissez les bras le long du corps (as-sadl) : c’est la pratique connue de l’école malikite, rapportée de l’imam Mâlik dans al-Mudawwana. Beaucoup de malikites posent aussi la main droite sur la gauche (al-qabd), comme les autres écoles (Sahih al-Bukhari 740). Les deux pratiques sont valables.
Dans la prière obligatoire, l’école malikite commence directement par al-hamdu li-llâhi rabbi l-‘âlamîn, sans invocation d’ouverture, sans formule de refuge et sans basmala, d’après le hadith d’Anas : le Prophète ﷺ, Abû Bakr et ‘Umar ouvraient la récitation par al-hamdu li-llâhi rabbi l-‘âlamîn (Sahih al-Bukhari 743, Sahih Muslim 399).
Réciter al-Fâtiha
Récitez al-Fâtiha. Elle est obligatoire à chaque rak‘a : « Pas de prière pour qui ne récite pas la Fâtiha du Livre » (Sahih al-Bukhari 756, Sahih Muslim 394). Puis dites Âmîn à voix basse. Au Maghreb, on récite souvent selon la lecture de Warsh, où la basmala n’est pas comptée comme un verset de la Fâtiha ; dans la lecture de Hafs (ci-dessous), elle en est le premier verset.
بِسْمِ ٱللَّهِ ٱلرَّحْمَٰنِ ٱلرَّحِيمِ
Bismi llâhi r-rahmâni r-rahîm
Au nom d’Allah, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux.
ٱلْحَمْدُ لِلَّهِ رَبِّ ٱلْعَٰلَمِينَ
Al-hamdu li-llâhi rabbi l-‘âlamîn
Louange à Allah, Seigneur des mondes,
ٱلرَّحْمَٰنِ ٱلرَّحِيمِ
Ar-rahmâni r-rahîm
le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux,
مَٰلِكِ يَوْمِ ٱلدِّينِ
Mâliki yawmi d-dîn
Maître du Jour de la rétribution.
إِيَّاكَ نَعْبُدُ وَإِيَّاكَ نَسْتَعِينُ
Iyyâka na‘budu wa iyyâka nasta‘în
C’est Toi seul que nous adorons, et c’est Toi seul dont nous implorons le secours.
ٱهْدِنَا ٱلصِّرَٰطَ ٱلْمُسْتَقِيمَ
Ihdinâ s-sirâta l-mustaqîm
Guide-nous sur le droit chemin,
صِرَٰطَ ٱلَّذِينَ أَنْعَمْتَ عَلَيْهِمْ غَيْرِ ٱلْمَغْضُوبِ عَلَيْهِمْ وَلَا ٱلضَّآلِّينَ
Sirâta l-ladhîna an‘amta ‘alayhim, ghayri l-maghdûbi ‘alayhim wa la d-dâllîn
le chemin de ceux que Tu as comblés de bienfaits, non pas de ceux qui ont encouru Ta colère, ni des égarés.
Sourate al-Fâtiha 1:1-7 (numérotation de Hafs) · lire avec l’audio. Puis dites Âmîn (« exauce-nous »).
Réciter une sourate
Dans les deux premières rak‘a, récitez une sourate ou quelques versets après al-Fâtiha. C’est une sunna. Al-Ikhlâs est une sourate courte pour commencer :
قُلْ هُوَ ٱللَّهُ أَحَدٌ (1) ٱللَّهُ ٱلصَّمَدُ (2) لَمْ يَلِدْ وَلَمْ يُولَدْ (3) وَلَمْ يَكُن لَّهُۥ كُفُوًا أَحَدٌۢ (4)
Qul huwa llâhu ahad. Allâhu s-samad. Lam yalid wa lam yûlad. Wa lam yakun lahû kufuwan ahad.
Dis : « Il est Allah, l’Unique. Allah, le Seul à être imploré. Il n’engendre pas et n’a pas été engendré. Et nul ne Lui est égal. »
Sourate al-Ikhlâs 112:1-4 · sourate al-Ikhlâs
L’inclinaison (rukû‘)
Dites Allâhu akbar et inclinez-vous : le dos droit, la tête dans son prolongement, les mains posées sur les genoux. Dites, par exemple trois fois :
سُبْحَانَ رَبِّيَ الْعَظِيمِ
Subhâna rabbiya l-‘azîm
Gloire à mon Seigneur, le Très Grand.
Sahih Muslim 772 (Hudhayfa). L’école malikite ne fixe ni formule ni nombre ; la glorification est recommandée.
Le redressement
Redressez-vous en disant :
سَمِعَ اللَّهُ لِمَنْ حَمِدَهُ
Sami‘a llâhu li-man hamidah
Allah entend celui qui Le loue.
Une fois debout et immobile, dites :
رَبَّنَا وَلَكَ الْحَمْدُ
Rabbanâ wa laka l-hamd
Notre Seigneur, à Toi la louange.
Sahih al-Bukhari 789 (Abû Hurayra)
Derrière un imam, l’école malikite fait dire seulement Rabbanâ wa laka l-hamd à celui qui suit l’imam (Sahih al-Bukhari 796).
La prosternation (sujûd)
Dites Allâhu akbar et descendez vers le sol. L’école malikite pose les mains avant les genoux (Sunan Abî Dâwûd 840) ; d’autres posent les genoux d’abord. Sept membres touchent le sol : le front avec le nez, les deux mains, les deux genoux et les orteils des deux pieds (Sahih al-Bukhari 812, Sahih Muslim 490). Dites, par exemple trois fois :
سُبْحَانَ رَبِّيَ الْأَعْلَى
Subhâna rabbiya l-a‘lâ
Gloire à mon Seigneur, le Très Haut.
Sahih Muslim 772
C’est en prosternation que le serviteur est le plus proche de son Seigneur : multipliez les invocations (Sahih Muslim 482).
L’assise entre les deux prosternations
Dites Allâhu akbar et asseyez-vous calmement. Dans l’école malikite, toutes les assises se font en tawarruk : la hanche gauche au sol, le pied gauche sorti sous la jambe droite, le pied droit dressé. Vous pouvez dire :
رَبِّ اغْفِرْ لِي وَارْحَمْنِي وَعَافِنِي وَاهْدِنِي وَارْزُقْنِي
Rabbi ghfir lî, warhamnî, wa ‘âfinî, wahdinî, warzuqnî
Seigneur, pardonne-moi, fais-moi miséricorde, accorde-moi la santé, guide-moi et accorde-moi ma subsistance.
Sunan Abî Dâwûd 850, Jâmi‘ at-Tirmidhî 284 (Ibn ‘Abbâs)
La seconde prosternation
Dites Allâhu akbar et prosternez-vous de nouveau comme la première fois, en disant Subhâna rabbiya l-a‘lâ. La première rak‘a est terminée. Dans l’école malikite, on se relève directement pour la rak‘a suivante, en disant le takbir pendant qu’on se lève ; l’école chaféite marque une brève assise avant de se lever (Sahih al-Bukhari 823).
La deuxième rak‘a et le qunut de Subh
Debout, répétez les étapes 4 à 10 : al-Fâtiha, une sourate, l’inclinaison, le redressement, les deux prosternations et l’assise entre elles. Dans la prière de Subh, l’école malikite dit le qunut à voix basse dans la deuxième rak‘a, après la sourate et avant l’inclinaison, sans lever les mains.
Le tashahhud
Après la seconde prosternation de la deuxième rak‘a, asseyez-vous en tawarruk et récitez le tashahhud. La main droite est fermée, l’index tendu ; dans l’école malikite, on le remue doucement pendant le tashahhud (Sunan an-Nasâ’î 889, Wâ’il ibn Hujr). D’autres le lèvent sans le remuer (Sahih Muslim 580).
التَّحِيَّاتُ لِلَّهِ، الزَّاكِيَاتُ لِلَّهِ، الطَّيِّبَاتُ الصَّلَوَاتُ لِلَّهِ، السَّلَامُ عَلَيْكَ أَيُّهَا النَّبِيُّ وَرَحْمَةُ اللَّهِ وَبَرَكَاتُهُ، السَّلَامُ عَلَيْنَا وَعَلَى عِبَادِ اللَّهِ الصَّالِحِينَ، أَشْهَدُ أَنْ لَا إِلَهَ إِلَّا اللَّهُ، وَأَشْهَدُ أَنَّ مُحَمَّدًا عَبْدُهُ وَرَسُولُهُ
At-tahiyyâtu li-llâh, az-zâkiyâtu li-llâh, at-tayyibâtu s-salawâtu li-llâh. As-salâmu ‘alayka ayyuha n-nabiyyu wa rahmatu llâhi wa barakâtuh. As-salâmu ‘alaynâ wa ‘alâ ‘ibâdi llâhi s-sâlihîn. Ash-hadu an lâ ilâha illa llâh, wa ash-hadu anna Muhammadan ‘abduhû wa rasûluh.
Les salutations sont à Allah, les œuvres pures sont à Allah, les bonnes paroles et les prières sont à Allah. Que la paix soit sur toi, ô Prophète, ainsi que la miséricorde d’Allah et Ses bénédictions. Que la paix soit sur nous et sur les serviteurs vertueux d’Allah. J’atteste qu’il n’y a de divinité qu’Allah, et j’atteste que Muhammad est Son serviteur et Son messager.
Tashahhud enseigné par ‘Umar ibn al-Khattâb depuis la chaire, retenu par l’imam Mâlik · al-Muwatta’ de Mâlik, livre de la prière, chapitre du tashahhud
La prière sur le Prophète
Au dernier tashahhud, ajoutez la prière sur le Prophète ﷺ :
اللَّهُمَّ صَلِّ عَلَى مُحَمَّدٍ وَعَلَى آلِ مُحَمَّدٍ، كَمَا صَلَّيْتَ عَلَى إِبْرَاهِيمَ وَعَلَى آلِ إِبْرَاهِيمَ، إِنَّكَ حَمِيدٌ مَجِيدٌ، اللَّهُمَّ بَارِكْ عَلَى مُحَمَّدٍ وَعَلَى آلِ مُحَمَّدٍ، كَمَا بَارَكْتَ عَلَى إِبْرَاهِيمَ وَعَلَى آلِ إِبْرَاهِيمَ، إِنَّكَ حَمِيدٌ مَجِيدٌ
Allâhumma salli ‘alâ Muhammadin wa ‘alâ âli Muhammad, kamâ sallayta ‘alâ Ibrâhîma wa ‘alâ âli Ibrâhîm, innaka hamîdun majîd. Allâhumma bârik ‘alâ Muhammadin wa ‘alâ âli Muhammad, kamâ bârakta ‘alâ Ibrâhîma wa ‘alâ âli Ibrâhîm, innaka hamîdun majîd.
Ô Allah, prie sur Muhammad et sur la famille de Muhammad, comme Tu as prié sur Abraham et sur la famille d’Abraham ; Tu es digne de louange et de gloire. Ô Allah, bénis Muhammad et la famille de Muhammad, comme Tu as béni Abraham et la famille d’Abraham ; Tu es digne de louange et de gloire.
Prière abrahamique · Sahih al-Bukhari 3370 (Ka‘b ibn ‘Ujra)
Au premier tashahhud d’une prière de trois ou quatre rak‘a, on s’arrête après les deux attestations et on se relève.
Invoquer avant le salam
Avant le salam, invoquez Allah. Le Prophète ﷺ a enseigné cette demande de protection après le dernier tashahhud :
اللَّهُمَّ إِنِّي أَعُوذُ بِكَ مِنْ عَذَابِ جَهَنَّمَ، وَمِنْ عَذَابِ الْقَبْرِ، وَمِنْ فِتْنَةِ الْمَحْيَا وَالْمَمَاتِ، وَمِنْ شَرِّ فِتْنَةِ الْمَسِيحِ الدَّجَّالِ
Allâhumma innî a‘ûdhu bika min ‘adhâbi jahannam, wa min ‘adhâbi l-qabr, wa min fitnati l-mahyâ wa l-mamât, wa min sharri fitnati l-masîhi d-dajjâl.
Ô Allah, je cherche refuge auprès de Toi contre le châtiment de l’Enfer, contre le châtiment de la tombe, contre l’épreuve de la vie et de la mort, et contre le mal de l’épreuve du faux messie (ad-Dajjâl).
Sahih Muslim 588 (Abû Hurayra)
Ou cette invocation du Coran :
رَبَّنَا آتِنَا فِي الدُّنْيَا حَسَنَةً وَفِي الْآخِرَةِ حَسَنَةً وَقِنَا عَذَابَ النَّارِ
Rabbanâ âtinâ fi d-dunyâ hasanah, wa fi l-âkhirati hasanah, wa qinâ ‘adhâba n-nâr
Notre Seigneur, accorde-nous une belle part ici-bas et une belle part dans l’au-delà, et protège-nous du châtiment du Feu.
Sourate al-Baqara 2:201 · voir le verset
Le salam
Terminez la prière en disant As-salâmu ‘alaykum, le visage vers l’avant, en tournant légèrement la tête vers la droite. Dans l’école malikite, l’imam et celui qui prie seul font un seul salam (Jâmi‘ at-Tirmidhî 296, ‘Â’isha) ; celui qui suit l’imam ajoute un salam pour répondre à l’imam, puis un vers la gauche s’il y a quelqu’un. Votre prière est terminée.
السَّلَامُ عَلَيْكُمْ
As-salâmu ‘alaykum
Que la paix soit sur vous.
Les autres écoles font deux salams, à droite puis à gauche, en disant As-salâmu ‘alaykum wa rahmatu llâh (Sahih Muslim 582).
Mains : sadl (bras le long du corps) chez les malikites ; main droite sur la gauche sous le nombril chez les hanafites, sur ou sous la poitrine chez les chaféites et les hanbalites. Ouverture : les autres écoles récitent une invocation d’ouverture, la formule de refuge et la basmala. Lever des mains : chaféites et hanbalites lèvent aussi les mains avant et après l’inclinaison (Sahih al-Bukhari 735). Aucune de ces différences n’annule la prière.
Le qunut de Subh
Dans l’école malikite, le qunut est recommandé dans la prière de Subh. On le dit à voix basse, dans la deuxième rak‘a, après la sourate et avant l’inclinaison, sans lever les mains. Anas ibn Mâlik a confirmé que le Prophète ﷺ faisait le qunut à Subh (Sahih al-Bukhari 1001). La formule retenue par l’école malikite :
اللَّهُمَّ إِنَّا نَسْتَعِينُكَ وَنَسْتَغْفِرُكَ، وَنُؤْمِنُ بِكَ وَنَتَوَكَّلُ عَلَيْكَ، وَنَخْنَعُ لَكَ، وَنَخْلَعُ وَنَتْرُكُ مَنْ يَكْفُرُكَ، اللَّهُمَّ إِيَّاكَ نَعْبُدُ، وَلَكَ نُصَلِّي وَنَسْجُدُ، وَإِلَيْكَ نَسْعَى وَنَحْفِدُ، نَرْجُو رَحْمَتَكَ، وَنَخَافُ عَذَابَكَ الْجِدَّ، إِنَّ عَذَابَكَ بِالْكَافِرِينَ مُلْحَقٌ
Allâhumma innâ nasta‘înuka wa nastaghfiruk, wa nu’minu bika wa natawakkalu ‘alayk, wa nakhna‘u lak, wa nakhla‘u wa natruku man yakfuruk. Allâhumma iyyâka na‘bud, wa laka nusallî wa nasjud, wa ilayka nas‘â wa nahfid, narjû rahmatak, wa nakhâfu ‘adhâbaka l-jidd, inna ‘adhâbaka bi-l-kâfirîna mulhaq.
Ô Allah, nous implorons Ton aide et Ton pardon, nous croyons en Toi et nous nous en remettons à Toi, nous nous soumettons à Toi, et nous rejetons et délaissons quiconque Te renie. Ô Allah, c’est Toi que nous adorons, c’est pour Toi que nous prions et nous prosternons, vers Toi que nous nous empressons. Nous espérons Ta miséricorde et craignons Ton châtiment véritable ; Ton châtiment atteint les mécréants.
Qunut rapporté de ‘Umar ibn al-Khattâb (al-Bayhaqî, as-Sunan al-Kubrâ), retenu par l’école malikite. La formulation varie légèrement selon les livres.
Le qunut enseigné à al-Hasan ibn ‘Alî est aussi valable :
اللَّهُمَّ اهْدِنِي فِيمَنْ هَدَيْتَ، وَعَافِنِي فِيمَنْ عَافَيْتَ، وَتَوَلَّنِي فِيمَنْ تَوَلَّيْتَ، وَبَارِكْ لِي فِيمَا أَعْطَيْتَ، وَقِنِي شَرَّ مَا قَضَيْتَ، فَإِنَّكَ تَقْضِي وَلَا يُقْضَى عَلَيْكَ، وَإِنَّهُ لَا يَذِلُّ مَنْ وَالَيْتَ، تَبَارَكْتَ رَبَّنَا وَتَعَالَيْتَ
Allâhumma hdinî fî-man hadayt, wa ‘âfinî fî-man ‘âfayt, wa tawallanî fî-man tawallayt, wa bârik lî fî-mâ a‘tayt, wa qinî sharra mâ qadayt, fa-innaka taqdî wa lâ yuqdâ ‘alayk, wa innahû lâ yadhillu man wâlayt, tabârakta rabbanâ wa ta‘âlayt.
Ô Allah, guide-moi parmi ceux que Tu as guidés, accorde-moi la santé parmi ceux à qui Tu l’as accordée, prends-moi sous Ta protection parmi ceux que Tu protèges, bénis ce que Tu m’as donné, et préserve-moi du mal de ce que Tu as décrété. C’est Toi qui décrètes, et nul ne décrète contre Toi. Celui que Tu protèges n’est jamais humilié. Béni sois-Tu, notre Seigneur, et exalté.
Enseigné par le Prophète ﷺ à al-Hasan ibn ‘Alî · Sunan Abî Dâwûd 1425, Jâmi‘ at-Tirmidhî 464
Les chaféites disent le qunut de Subh après l’inclinaison de la deuxième rak‘a, mains levées. Les hanafites et les hanbalites ne le disent pas à Subh en temps normal, seulement en cas de calamité (qunut an-nâzila). Derrière un imam, suivez l’imam.
Les prières de trois et quatre rak‘a
Pour Maghrib (3 rak‘a) et pour Dhuhr, ‘Asr et ‘Ishâ’ (4 rak‘a), faites les deux premières rak‘a comme ci-dessus. Après la deuxième, asseyez-vous pour le premier tashahhud, récitez-le jusqu’aux deux attestations, puis relevez-vous en disant Allâhu akbar une fois bien debout.
Dans la troisième et la quatrième rak‘a des prières obligatoires, récitez seulement al-Fâtiha. Après la dernière rak‘a, asseyez-vous pour le dernier tashahhud, la prière sur le Prophète et l’invocation, puis faites le salam.
L’imam récite à voix haute à Subh et dans les deux premières rak‘a de Maghrib et de ‘Ishâ’ ; à voix basse à Dhuhr et à ‘Asr.
Nombre de rak‘a
Les cinq prières obligatoires comptent 17 rak‘a par jour. Le Prophète ﷺ a dit : « Quiconque prie douze rak‘a en un jour et une nuit, une maison lui est bâtie au Paradis » (Sahih Muslim 728). L’école malikite insiste sur les deux rak‘a avant Subh (raghîbat al-fajr) et sur le witr ; les autres prières surérogatoires autour des prières obligatoires sont recommandées, sans nombre fixe.
| Prière | Avant | Obligatoire | Après | Récitation |
|---|---|---|---|---|
| Subh (Fajr) | 2 (raghîbat al-fajr) | 2 | — | à voix haute |
| Dhuhr | nâfila recommandée | 4 | nâfila recommandée | à voix basse |
| ‘Asr | nâfila recommandée | 4 | — | à voix basse |
| Maghrib | — | 3 | nâfila recommandée | 2 premières à voix haute |
| ‘Ishâ’ | — | 4 | shaf‘ (2) puis witr (1) | 2 premières à voix haute |
Les hanafites comptent quatre rak‘a appuyées avant Dhuhr et considèrent le witr comme obligatoire (wâjib) en trois rak‘a. Les chaféites et les hanbalites comptent dix ou douze rak‘a régulières (rawâtib), deux avant Subh, deux ou quatre avant Dhuhr, deux après, deux après Maghrib et deux après ‘Ishâ’ (Sahih al-Bukhari 1180).
La prière du witr
Le witr se prie après ‘Ishâ’ et avant l’aube, et clôt la prière de la nuit (Sahih al-Bukhari 998). Dans l’école malikite, c’est une sunna appuyée d’une seule rak‘a, précédée de deux rak‘a appelées shaf‘ et séparées d’elle par un salam. On récite souvent al-A‘lâ puis al-Kâfirûn dans le shaf‘, et al-Ikhlâs avec les deux sourates protectrices dans le witr (Jâmi‘ at-Tirmidhî 463). L’école malikite ne dit pas de qunut dans le witr. Guide détaillé (en anglais) : Witr.
Questions fréquentes
Faut-il prononcer l’intention à voix haute ?
Non. L’intention est dans le cœur, et la prière est valable avec elle seule (Sahih al-Bukhari 1). Dans l’école malikite, il est préférable de ne pas la prononcer. L’école chaféite recommande de la murmurer pour aider le cœur. Toutes les écoles s’accordent sur l’essentiel : l’intention du cœur.
Bras le long du corps ou mains croisées ?
Les deux se pratiquent. Laisser les bras le long du corps (sadl) est la pratique connue de l’école malikite, rapportée de l’imam Mâlik. Poser la main droite sur la gauche (qabd) est rapporté dans Sahih al-Bukhari 740 ; c’est la pratique des hanafites, des chaféites, des hanbalites et de nombreux malikites. Aucune des deux n’annule la prière.
Que faire si j’oublie un élément de la prière ?
Faites les deux prosternations de l’oubli (sujûd as-sahw). Dans l’école malikite, on les fait avant le salam pour un manque (par exemple le premier tashahhud oublié : Sahih al-Bukhari 829) et après le salam pour un ajout (une rak‘a de trop : Sahih al-Bukhari 1226). Un pilier oublié, comme une inclinaison, doit être refait. Guide détaillé en anglais : Sajdah sahw.
Et si je ne connais pas encore al-Fâtiha par cœur ?
Commencez à prier maintenant tout en apprenant. Un homme dit au Prophète ﷺ qu’il ne pouvait rien apprendre du Coran ; le Prophète lui enseigna : Subhâna llâh, wa l-hamdu li-llâh, wa lâ ilâha illa llâh, wa llâhu akbar, wa lâ hawla wa lâ quwwata illâ bi-llâh (Sunan Abî Dâwûd 832). Apprenez la Fâtiha dès que possible.
Qu’est-ce qui annule la prière ?
Parler volontairement, manger ou boire, rire aux éclats, détourner la poitrine de la qibla, perdre ses ablutions, ou omettre un pilier comme l’inclinaison ou la prosternation. « Dans cette prière, rien des paroles des gens ne convient » (Sahih Muslim 537).
Comment rattraper les prières manquées ?
Les prières obligatoires manquées se rattrapent, avec le repentir. Si vous ne connaissez pas leur nombre, faites une estimation honnête. Le calcul des prières à rattraper vous aide à la faire.
Autres outils en français
Pour aller plus loin
Prier à l’heure, chaque jour
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Télécharger Niyat pour iPhone Disponible sur Google PlayCe guide décrit la pratique courante avec ses sources ; ce n’est pas une fatwa. Pour un cas particulier, interrogez un imam ou un savant de confiance. English version.